Avril 2019

 

La Novlangue managériale

Elle prend de plus en plus de place dans les entreprises, souvent associée à des anglicismes tels confcall, briefing, bullet point, hackathon, process, to do-list, ranking… et plonge les salariés dans un monde abstrait, où les mots ont perdu le contact avec la réalité.

Cette règle, non écrite, vide non seulement les mots de leur sens au sein des entreprises, mais elle parvient même à figer toute possibilité de réflexion. Combien sommes-nous à avoir entendu des termes comme : « Il faut sortir de votre zone de confort, on va vous faire grandir, rendez possible l’impossible, soyez corporate, faites preuve d’assertivité, etc… », autant d’injonctions souvent paradoxales qui mettent celui qui les reçoit dans un état de fragilité, de remise en cause ; en résumé dans un état d’apprenti perpétuel.

Certaines organisations managériales considèrent que le salarié qui est dans cet état-là est plus productif… Mais surtout, dixit Taylor : « celui qui a le savoir détient le pouvoir » cette technique permet aux dirigeants de garder une mainmise totale sur la politique de leur entreprise.

Les récits des salariés en souffrance au travail révèlent la force de l’emprise et l’influence de cette novlangue sur la perception de ce qu’ils vivent. Car elle parvient finalement à les rendre responsables des conditions qui leur sont faites par un management, qui, sous couvert de modernisme, les traite comme de simples variables d’ajustement du chiffre d’affaires.

Parce qu’elle n’est pas faite pour exprimer les affects mais les étouffe au contraire, cette novlangue ne devient-elle pas particulièrement toxique pour le dialogue social, déjà en grande difficulté ?

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