Septembre 2019

 

Les jeunes sont-ils tous des fainéants ?

Je commence cet édito suite au constat que je fais après avoir enseigné plus de 10 ans dans les facultés et autres écoles d’ingénieurs. C’est une évolution des mentalités, un changement de pensée, une vraie une révolution. Pour certains jeunes diplômés sur le point de se lancer dans le monde du travail, le choix est clair. Pour vivre heureux, ils ont décidé de ne pas travailler, ou juste assez pour économiser et satisfaire d’autres envies. Une décision mûrement réfléchie. Et une remise en cause d’un modèle qu’ils jugent obsolète.

De plus en plus de jeunes diplômés, issus de tous les milieux sociaux, refusent de s’y conformer. L’idée même d’une voie unique leur donne la nausée alors qu’ils rêvent de vertige, d’imprévu, d’espace où l’identité et l’accomplissement de soi s’épanouissent... le tout bercé d’un zest d’environnement utopique.

Appelez-les paresseux, rebelles ou marginaux. Ils sont pourtant nombreux à s’être impliqués dans de longues et prenantes études pour, une fois arrivés sur le marché du travail, être emportés par l’envie d’autre chose. Issus d’une génération appelée Z ou millénium à laquelle l’allongement des études a promis un emploi passionnant, ils sont confrontés au manque de sens, à la perspective d’un job fatigant ultra-connecté et biberonnés aux discours sur le revenu universel ; ces jeunes jouent avec les codes du travail pour mieux le fuir.

Sur LINKEDIN, je reçois une dizaine de CV par semaine et je suis étonné par les parcours. Jamais plus de 3 mois dans une entreprise, à part peut-être leur année d’alternance. Rien d’étonnant donc de voir tous ces postes de cadres non pourvus. Dans ce contexte, les résultats du Baromètre de l’humeur des jeunes diplômés, publié par le cabinet Deloitte, n’ont rien d’étonnant : ils sont 4 sur 10 à considérer que les compétences qu’ils ont acquises « correspondent rarement » aux attentes des entreprises. Un désenchantement que l’économiste Pierre-Yves Gomez attribue à la financiarisation de l’économie : « Les entreprises visent avant tout le résultat. Le travail est devenu une marchandise comme une autre. En résumé, quand on aime le travail, on n’aime plus travailler. »

En attendant, ils rivalisent d’ingéniosité pour financer leur nouveau mode de vie. Le CDI n’est plus nécessairement vu comme le Graal. Avant, on avait recours à l’intérim dans une période de latence, en attendant de trouver un CDI. Maintenant, de plus en plus de jeunes le vivent comme une opportunité. Le statut de micro-entrepreneur séduit de plus de plus de jeunes car synonyme de flexibilité et de liberté…

Alors ? Fainéants ces jeunes ? Je dis tout simplement que ce sont eux, peut-être, qui vont sauver le monde du travail…

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Bonne lecture !



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